|
Angela Calle (Colombie)
L’artiste crée des espaces oniriques où des anges très charnels évoluent comme des êtres diaphanes qui défient la force de la gravité. Il y a quelque chose de l’articulation érotique de l’Art nouveau d’un Gustav Klimt ou d’un Egon Schiele, dans ces visions flottantes et décoratives, qui peuvent être lues à plusieurs niveaux. Calle maîtrise l’allégorie profane et religieuse à la fois. Elle sait créer des accords de couleurs très imaginatifs, telle une fine et rare harmonisation entre l’outremer et des tons cuivre et orangés. Comme sur des voûtes de cathédrale, ses êtres qui défient la gravité, se déploient en suivant de trajectoires courbes. Les portraits d’Angela Calle démontrent une grande capacité de traduire en peinture les traits physiques et psychologiques des femmes.
Alicia Hernández Coll (Venezuela)
Émancipation est une œuvre d’un subtil discours féministe qui démontre un partage, une division raffinée du champ pictural. Le géométrisme aux échos cubistes est saturé par une intense lumière tropicale qui empreint les images de couleurs fortes incluant le vert et le jaune. Le langage géométrique est articulé sur le triangle et sur la ligne en zigzag. Les lignes et les plans en intersection suggèrent la thématique, à la fois d’un déchirement, et d’une croissance émotionnelle. Dans le langage et le symbolisme géométrique, l’on peut déceler des échos du vocabulaire de l’artiste de l’Uruguay à l’influence séminale, Joaquin Torres Garciá, fondateur de l’Universalismo constructivo.
Elsa Gallegos (Mexique)
Ses représentations de fleurs portent implicitement une charge érotique. Les images précises de roses avec leurs rangées de pétales la placent dans une lignée baroque. Elles invitent des associations avec l’océan : une immensité de vagues en arabesques pourpre ou corail, ce qui crée de lointaines connotations surréalistes. Les toiles d’Elsa Gallegos évoquent également la couleur sensuelle de Diego Rivera. La peinture de Gallegos tient à la fois du Baroque et du hyperréalisme. On note le plaisir de la représentation des formes complexes de la nature. Les textures des pétales évoquent naturellement la soie.
Anamaria Gómez (Colombie)
Le blanc et le noir valent à eux-mêmes presque une infinité de couleurs, tels dans l’œuvre d’Anamaria Gómez, qui dessine à l’encre noire. Cette œuvre ingénieuse nous révèle un sens puissant de la décoration. Son humour visuel est basé sur le raccourci, la concision. L’expression de cette dessinatrice possède quelque chose de l’entrain et de l’humour acide de Saul Steinberg, le dessinateur new-yorkais. Dans l’organisation des formes et la topologie des surfaces, l’on décèle une parenté avec le néerlandais Escher. L’œuvre est très satisfaisante et agréable au plan des rapports entre les formes. Son symbolisme tient du domaine de la fable.
Maria Fernanda Jaramillo (Colombie)
Sa peinture suggère la nature grâce à la poésie des couleurs intermédiaires et de l’intersection des plans. Elle possède la finesse de touche de l’aquarelliste. Son cubisme présent en filigrane, discrètement suggère un monde pictural aux dimensions illimitées de l’univers. Elle est à l’écoute d’un monde de rêve, qui, à travers le cubisme, les transparences et les dégradés de couleur - nuances d’ocre, de vert, d’orangé – capte des dimensions de l’invisible et de l’indicible. Les abîmes suggérés par des perspectives incertaines, ses univers poétiques, peuvent se placer dans l’esthétique surréaliste d’un monde parallèle digne d’un Yves Tanguy.
Neliam Rivas (Venezuela)
Neliam Rivas pratique une peinture de genre qui, en se servant d’un hyperréalisme contemporain, évoque la nature morte hollandaise du dix-septième siècle ou du Baroque espagnol (allusions à Zurbaran). L’on note la présence -l’immanence - du melon d’eau, de la poire, de la pomme. Le volume des fruits se déploie dans la lumière et sous la lumière. Les effets réalistes d’éclairage et de texture ne sont pas sans rappeler une certaine philosophie Spinoziste de l’immanence de la divinité dans la matière, ce qui correspond à la vision latino-américaine de l’aspect sacré de la création. Dans son désir d’exprimer parfaitement la nature, Neliam Rivas manifeste sa fascination pour une transcendance spirituelle.
Luis Fernando Suárez (Colombie)
 |
Sa peinture à la fois gestuelle, géométrique et abstraite offre des espaces de repos et de méditation. Elle calme l’œil et l’esprit de l’anxiété quotidienne. Dans cette expression, il y a un beau paradoxe : le geste pictural aide à atteindre le repos. Certes, ses toiles sont peintes, mais elles sont aussi sculptées. Certains y voient des rapports subtils avec Rothko, mais la matière de Suárez est plus dense, plus colombienne, plus tropicale. Il décrit ses toiles comme « une liberté offerte qui s’oppose à toute signification univoque de l’œuvre ». La lumière qu’il sait intégrer à la reluisance et à la translucidité des surfaces colorées se veut une voie de passage au « paysage intérieur ». Acte prémonitoire, il crée en 2001 des images fantomatiques des tours gémelles du World Trade Center de New York sur un fond rouge. Natif de Bogotá, une capitale de huit millions d’habitants, il associe tout naturellement l’image de la grande ville à sa démanche d’artiste.
Bernal Claudia femmecherchemaisonserie.

|